Sleeve signifie manche ou manchette. C'est ainsi que l'on nomme cette résection (ablation) de l'estomac qui enlève environ les deux tiers de la poche gastrique en laissant un estomac en forme de tube par le biais d'un long agrafage sur toute la hauteur de l'estomac (environ 20 à 25 cm) avec également section de l'estomac.
La sleeve gastrectomie est l'évolution directe de deux autres opérations similaires et qui l'ont précédée, à savoir l'opération de Mason modifié Mc Lean encore appelé gastroplastie verticale calibrée à laquelle on se réfère souvent sous le vocable « agrafage gastrique », l'autre opération, moins connue est celle de Magenstrasse et Mill surtout connue en Angleterre.
La sleeve gastrectomie reprend le principe de ces deux précédentes interventions, à savoir la réduction du volume gastrique, c'est-à-dire un effet qui est comparable à l'anneau, d'ailleurs d'introduction beaucoup plus récente que ces techniques.
En même temps, la sleeve gastrectomie va plus loin que les opérations de Mason et de Magenstrasse et Mill en ce sens ou non seulement l'estomac est agrafé et sectionné mais les deux tiers de l'estomac qui sont exclus du circuit digestif sont enlevés. La pièce opératoire est confiée pour analyse.
La taille de l'estomac qui est laissé en place est variable en fonction des chirurgiens. D'une manière générale le tube gastrique est confectionné sur une « bougie », c'est-à-dire un tube qui est introduit au cours de l'opération par la bouche dans l'½sophage et dans l'estomac par les anesthésistes. Ce tube est d'un calibre variable, la plupart du temps aux alentours de 2 cm de diamètre. Il assure le calibrage de la poche gastrique dont la contenance généralement est de l'ordre de 100 ml après l'opération.
Il assure également un maximum de régularité dans la confection de la ligne d'agrafage pour laquelle on ne dispose en coelioscopie que d'instrument de 60 mm de long alors que le nombre d'applications est d'environ six pour l'agrafage complet de l'estomac.
L'opération est, dans l'immense majorité des cas, réalisée par coelioscopie avec six incisions : trois de 5 mm, deux de 1 cm et une de 2 à 3 cm permettant notamment l'extraction de la pièce de résection gastrique.
Les suites post opératoires sont généralement rapides. Aucune sonde n'est laissée en place à l'issue de l'opération. Les boissons sont reprises le lendemain de l'intervention chirurgicale et si tout se passe bien l'alimentation le surlendemain. Généralement le retour à domicile peut s'effectuer au cours de cette deuxième journée suivant l'opération.
Comme dans toute chirurgie d'obésité, une prévention des phlébites est proposée pour une durée de 10 jours avec une injection sous cutanée par jour d'anticoagulant.
Les conseils diététiques sont proposés au cours de l'hospitalisation et généralement un suivi diététique est également offert durant les premiers mois qui suivent l'opération.
La perte de poids ne se fait donc que par diminution des apports alimentaires. La perte de poids est d'autant plus significative que les personnes opérées observent un équilibre alimentaire strict avec limitation des graisses et des sucreries et reprennent une activité physique régulière.
COMPLICATIONS
Les principales complications de la sleeve gastrectomie dans les suites immédiates de l'opération, en dehors des complications habituelles de la chirurgie de l'obésité (phlébite, embolie pulmonaire, problèmes liés au diabète ou aux apnées du sommeil) sont la rupture de la ligne d'agrafes (fistule) entraînant abcès ou péritonite d'une part et d'autre part des saignements sur la ligne d'agrafes et ce malgré l'utilisation d'un matériel sophistiqué et d'une grande sécurité.
Un certain nombre de publications récentes estime le risque de rupture de la ligne d'agrafes à moins de 2 % et le risque de saignement à moins de 1 %.
A plus long terme, c'est-à-dire dans les semaines qui suivent l'opération, le risque de sténose ou rétrécissement de l'estomac a été bien identifié. Il est estimé à environ 4 % et malgré l'utilisation de la bougie dans l'estomac, la ligne d'agrafes peut présenter des irrégularités. Une rupture de la ligne d'agrafes minime et passée inaperçue peut également favoriser l'apparition de la sténose, de même qu'une inflammation ou une réaction aux agrafes qui sont pourtant des agrafes utilisées depuis plusieurs dizaines d'années en chirurgie digestive. Alors que les problèmes de rupture de ligne d'agrafes ou saignement sur la ligne d'agrafes nécessitent généralement la réintervention chirurgicale dans les 24 à 48 premières heures, les problèmes de sténose qui se manifestent par des vomissements quotidiens nécessitent des dilatations par fibroscopie. Le cas échéant ces dilatations peuvent ne pas être suffisantes. Dans ce cas une réintervention chirurgicale à distance s'avère nécessaire.
(source : obésity.diet)